Histoire, géographie, éducation civique au collège Anne Frank de Sauzé-Vaussais.

Intervention sur la Défense nationale auprès des 3ème le lundi 6 juin 2011.

dimanche 5 juin 2011 par Muriel Lucot

En éducation civique en 3ème, les élèves étudient ’La défense et la paix’. Pour qu’ils puissent aborder ce thème de façon concrète, cette année encore, j’ai choisi de faire intervenir des acteurs de la Défense nationale.
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Le Colonel (r.) Loirat présentant les enjeux de la Défense nationale aux élèves de 3ème du collège Anne Frank de Sauzé-Vaussais.

Aussi, les élèves de 3ème ont rencontré lundi 6 juin 2011 le Colonel (r.) Jacques Loirat délégué pour la Vienne de Civisme-Défense-Armée-Nation (C.I.D.A.N.) et l’adjudant-chef Bres du RICM de Poitiers (régiment d’infanterie de chars de marine).

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Insigne du RICM de Poitiers.

Le Colonel (r.) Jacques Loirat a effectué un exposé au cours duquel il a abordé les thèmes suivants :

  • la citoyenneté et les différentes étapes (obligatoires et facultatives) dans la vie du citoyen,
  • la politique étrangère de la nation (qui sera en relation directe avec le programme de géographie de 3ème dont une partie importante porte sur la géopolitique du monde contemporain),
  • la politique de défense nationale et l’organisation de celle-ci.
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Civisme-Défense-Armée-Nation

L’adjudant-chef Bres du RICM a témoigné de son expérience de soldat.

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L’adudant-chef Bres présentant le Tchad aux élèves de 3ème du collège Anne Frank de Sauzé-Vaussais.

L’adjudant-chef Bres a fait 35 ans de service. Il a choisi de présenter aux élèves le Tchad et les opérations extérieures auxquelles il a participé à six reprises dans ce pays qu’il connaît bien.

Après une présentation générale du pays, l’adjudant-chef Bres a présenté aux élèves les accords de coopération existant entre la France et ses anciennes colonies françaises qui ont été remis à jour récemment et ne permettent à présent l’intervention française qu’en cas d’agression par l’extérieur (mais plus en cas de conflit interne).

Les accords de coopération militaire au Tchad consistent en la formation des officiers, des sous-officiers et des militaires du rang pour que l’armée tchadienne puisse être autonome mais aussi du personnel technique.
Ils consistent également en une coopération technologique, un partage de savoir-faire, par exemple la mise à disposition de la téléphonie, des satellites... pour que les Tchadiens puissent surveiller et défendre leurs frontières (ce qui était particulièrement important au moment de l’arrivée des réfugiés du Darfour en 2005 qui quittaient précipitamment le Niger).

Cette coopération avec le Tchad présente un avantage pour la France qui peut ainsi avoir accès à des champs d’entraînement qui n’existent pas en métropole, la possibilité par exemple de s’entraîner en milieu désertique.

Les actions civilo-militaires sont un volet très important de la présence des militaires français au Tchad. En effet, l’armée réalise ce qui correspond à de l’action humanitaire que pourrait mener les ONG, avec qui du reste, l’armée coopère fréquemment.
Lorsqu’il y a une mission de plusieurs mois, il y a toujours un certain nombre de projets qui sont menés en parallèle : réfection d’écoles par exemple, réouverture de voies de circulation en reconstruisant des ponts, réouverture de dispensaires (il n’y a d’hôpitaux que dans les grandes villes), opérations médicales gratuites (pendant dix ou quinze jours, les militaires apportent les soins dont les populations ont besoin et ils font aussi de l’aide médicale gratuite, par exemple, 1700 consultations gratuites sont faites par mois à N’Djamena par des médecins de l’armée).

L’armée française apporte de l’aide (riz, eau, médicaments...) et conduit des actions symboliques qui permettent aux populations d’accepter sa présence en constatant qu’il ne s’agit pas d’une force d’occupation.
Les soldats collaborent avec les ONG présentes et l’armée française fait travailler la population locale en l’employant sur les divers chantiers mis en place.
L’armée française se caractérise par un important investissement local : elle fait travailler la population locale et achète ce dont elle a besoin sur place : matériaux, alimentation... Tout ce qui vient de France comme les munitions par exemple, est taxé.
Faire travailler une personne dans un pays en développement permet bien souvent de faire vivre toute la famille élargie.

Le Tchad se situe sur l’arc de crise en liaison avec les problématiques de la corne de l’Afrique. En tout, ce sont environ 6000 militaires français qui sont présents en Afrique (Djibouti, Gabon, Côte d’Ivoire, Sénégal, Tchad...) qui veillent à la sécurité des entreprises et des ressortissants français.

L’adjudant-chef Bres a participé à de nombreuses opérations extérieures sur les cinq continents : Yougoslavie, Liban, Nouvelle-Calédonie, Martinique, Djibouti, Côte-d’Ivoire, Tchad...

L’adjudant-chef Bres a expliqué pour répondre à la question d’une élève ce que signifiaient les différentes décorations présentes sur son uniforme :
Les fourragères sont les décorations reçues par le régiment depuis sa création lors des conflits auxquels il a participé, médaille militaire, croix de guerre 14-18, décoration états-unienne pour le franchissement du Rhin en 1940.
Les décorations personnelles représentent le parcours personnel et la carrière de l’adjudant-chef Bres : ordre national du mérite, médaille militaire, croix du combattant, décorations étrangères...

L’adjudant-chef Bres a terminé en racontant son départ pour le Liban en 1983 afin de faire comprendre aux élèves ce qu’est l’engagement militaire et la disponibilité que cela suppose. En effet, ayant terminé son entraînement le vendredi en fin de journée à Vannes en Bretagne, l’adjudant-chef s’apprêtait à passer un week-end en famille quand par un coup de téléphone à 3 H du matin, lui était annoncé qu’il avait 2 heures pour préparer ses sacs, dire au revoir à son épouse. L’adjudant-chef a alors préparé les véhicules le samedi et chargé ceux-ci sur un train pour Toulon puis sur un bateau mais il ne savait toujours pas où il allait. Il a su sur le bateau qu’il allait au Liban et est arrivé à Beyrouth huit jours après.
L’adjudant-chef a conclu en exprimant son désir toujours vif après 35 ans passés dans l’armée, de servir son pays, l’intérêt de la nation et du monde et nous a fait part de son émotion à l’écoute de l’hymne national et à la vue du drapeau français.

Merci au Colonel (r.) Loirat et à l’adjudant-chef Bres pour être venus à Sauzé-Vaussais et avoir fait partager aux élèves leur connaissance de la défense et leur expérience.


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